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Courant d'air

13/9/2008 -

Demoiselle d'un soir.

 



Elle ne marche pas, elle vole.
Elle flotte dans l'air comme un ange à qui on n'a pas appris à marcher.
Les bras perdus dans des volutes de tissu noir.

Je croise ses yeux, je me sens bien, le ventre essoré de tant
d'émotions qui soudain s'allument au fond du ventre.
Remontent le long de mes cordes vocales, viennent se poser
au bord de la langue, et au moment ou j'ouvre la bouche, rien ne sort.
Rien.
Je n'arrive qu'à sourire.
Je ne sais plus quoi dire, comme si le moindre de mes mots allaient la faire disparaître.

Alors je la regarde, petite princesse fragile, embrumée, facétieuse, fascinante...

Si parfaite...


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11/9/2008 -

Sondage

 



" Tu veux vivre ?"
" Pourquoi faire ?"
"Ben, pour être heureuse, pour s'amuser, sourire, avoir une famille, un travail que tu aime,
des passion des rêves, vivre quoi..."
" Et après ? "
" Après ? Ben après quoi ? "
" Après tout ça, que se passe t'il ? "
" Et bien, tu mourras comme tout le monde, c'est la vie..."
" Et bien si tu ne m'en veux pas, je préfère mourir de suite. De toute façon c'est ce qui arrivera.
Si en plus je peux m'épargner la souffrance de toute une vie, je prends."

Tout ça n'a rien de compliqué finalement.
J'en veux pas de la vie, ça me sert autant qu'un couteau
à huîtres...

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26/8/2008 -

Chut, elle chante.

 



Quand je marche, je marche droit.
Quand je chante, je chante nue.
Et quand j'aime, je n'aime que toi.
Quand j'y pense... je ne dors plus.

Je suis ici, je suis dedans.
Je suis debout...
Je ne me moquerais plus de tout.

Entends-tu, m'as tu dit ?
Le chant du monde à l'heure de pluie,
Quand l'aube se leve, je la suis,
Quand la nuit tombe, je tombe aussi.

Je suis ici, je suis dedans.
Je suis debout...
Je ne me moquerais plus de tout.

Quand j'ai faim, tout me nourris.
Le cris des chiens, et puis la pluie.
Et quand tu pars, je reste ici.
Je m'abandonne... et je t'oublie.

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26/8/2008 -

Comme tous les jours.

 



Habitude...

Je passe ma carte dans la borne magnétique, petit bruit de mon argent qui descend.
Tout ça sent la javel, l'aseptisé. Un bruit qui s'étouffe de cris d'enfants.

Memes gestes, mêmes façons, jupe qui glisse, serviette qui s'enroule.
Je pense à elle, elle ne sort pas de ma tête en ce moment.

Le noir sur les yeux doucement s'en va, la douche est froide, toujours.
Les cheveux ruissellent de ma vie qui pleure, et je laisse dans les vestiaires
tous ces soucis qui me fatiguent.

Au bord de l'eau. Je respire et je me laisse glisser sans bruit au fond.
Tout est si froid, et je peux enfin pleurer sans que rien ne se voit.
Je laisse sortir, je laisse aller, et je nage.
Vite, vite, toujours vite.
Mes poumons me font mal, je bois la tasse, l'eau entre dans mon nez,
et je n'arête pas. Je nage à en avoir la tête qui tourne, et doucement
tout s'arête.

Je me vois enfin dans l'eau. Comme je suis, un reflet qui me ressemble.
A bout de forces, je me regarde, me souris.

Ici, perdue dans des litres d'eau gelée, j'existe.

Une heure, deux heures, jusqu'à ce que la fatigue transforme mes
genoux en confiture de fraise.

Je sors épuisée, le sourire jusqu'aux cheveux d'avoir été quelqu'un pendant
une poignée de secondes.

Et après ? Ce qui arrivera quand je poserais un pied hors de la piscine ?
Je n'en sais rien. Je préfère ne  pas y penser.
Pour l'instant, je suis assise sous le sèche cheveux depuis bientôt
quanrante cinq minutes.

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20/8/2008 -

The shadow proves the sunshine.

 



Regarde, regarde, regarde vite.

J'ouvre les yeux à moitié, eh oh hein, c'est 4h23.
Ca va pas non ?

Mes petits me tirent la manche, apparement il se passe un truc dehors.
J'ai pas senti, mais eux oui.
Ils sont le nez collés aux vitres, ça grouille de centaines de mains qui
cradent mes vitres toutes propres.

D'un coup, ma respiration se coupe.
Il fait jour.
Il est quatre heure du matin, il fait jour.
Il faut descendre voir.

On a du descendre ces escaliers des milliers de fois en courant,
je me demande comment on s'est jamais cassé une cheville ou un ongle.

Tous en pyjama, tiens je me suis encore endormie toute habillée.
Dehors enfin.
Il faut jour comme en pleine nuit.
J'écarquille les yeux à les sortir de ma tête, je ferme, je rouvre, mes petits en font de même.

Le soleil est là, planté au ciel, comme un cornichon sur un morceau de paté.
En grande conversation avec la lune.

Ca ronchonne sec et nous on se marre tout ce qu'on peut parce que quand la lune
s'énerve elle devient toute petite et elle parle avec une voix de gros barbu de 300 kilos.

Le soleil s'enflamme, crame au passage une pauvre étoile qui rentrait discrètement à la maison
après être sortie en boîte trop tard.

D'un coup, tout devient blanc.
Un éclair m'oblige à fermer les yeux et quand je les rouvre, il fait noir.
Mes petits se frottent les paupières, ça pique, ça gratte, on vient de se prendre
une décharge de mille watts en plein pif.

La lune est là, vexée.
Après discussion entre nous, on se décide à aller lui demander
de quoi il en retourne.

Elle nous a regardé, les yeux sévères et nous a répondu que c'était pas nos
affaires et qu'on ferait mieux d'aller dormir sinon elle laisserait le jour
se lever plus tôt.

Un petit lui a chuchoté qu'elle était pas belle quand elle s'énervait.
Elle s'est énervée.
Et on a encore bien rigolé...

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