|
Bulles de soies. Souffles de coton à la vanille. En douceur, tout en douceur. Draps blancs, oreillers gonflés à l'hélium par le plus gros d'entre nous. Qui est encore plus gros maintenant qu'il a avalé la bouteille dans faire exprès. Des bougies qui sentent le ciel pluvieux, lumière d'un soir. Tout est si calme. Un petit a essayé de créer un parfum de noisette mais je dirais que ça ressemble assez à de la confiture de raviolis. On n'a rien dit pour ne pas le vexer, mais déjà trois évanouis en quelques minutes. Tout le monde glisse dans un coin du lit, se frotte, ronronne, se tire les oreilles pour les lisser un peu, se coiffe le nez, et se remets les doigts de pied dans l'ordre. Ce soir, c'est la nuit sans dormir. La nuit des histoires, des rêves éveillés, des pleurs heureux.
La nuit pour tout dire, pour oublier, raconter, sentir, exister. Il en fallait une dans l'année, on voulait la faire au printemps, le 21 mars, mais celui qui était chargé du calendrier s'était endormi un soir de trop nombreuses crêpes et il vient de se réveiller. 21 mai ? Soit. Tout le monde t'attends. Avec impatience. Pas besoin de pyjama, on en a bricolé avec des feuilles de menthe et des queues de cerises pour attacher. On s'installe, on t'attends.
|