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Courant d'air

15/8/2008 -

Ne parle plus.

 



Déjà petite, je jouais du piano avec les yeux.
Avec les pleurs.
Les rires.

Je me suis assise au piano.

Posé les doigts sur les touches noires, acides,
pour ne pas réveiller celles en neige.

Je sais que tu ne reviendras plus ici maintenant.
L'hiver va revenir, et je vais rester assise à ce piano.

Pour jouer les saisons, les jours qui passent,
se ressemblent et brillent dans les larmes le soir.

Tu m'as fait comprendre que tu ne voudrais jamais de moi.

Je vais rester là, jouer encore et encore, à en avoir mal aux mains.

Pour te créer un passage dans la glace, pour faire fondre
les mots que tu as dit, qui blessent autant et que tu crois juste.
Peut être que tu te rendras compte, un jour, que la vie est loin d'être
ce que tu crois savoir.

Tu aimes sans aimer, tu crois sans croire, tu ne laisse rien paraître.
Mais la vie s'apprend aux écorchures et non aux années qui passent.

Tu crois tout savoir ?
Tu ne sais rien, tu ne pleures jamais.

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2/8/2008 -

Toi(e)

 



Toi.
Ecoute moi.
Je m'en vais, n'abandonne pas.
Surtout, ne viens pas avec moi.

Toi.
Ecoute moi.
C'est un chemin qu'il fallait prendre.
C'était le prix à payer pour apprendre.

Toi.
Ecoute moi.
Surtout ne viens jamais me chercher.
Il va falloir apprendre à te débrouiller.

Toi.
Ecoute moi.
Surtout, prends soin de toi.
Mais à partir de maintenant, ne pense plus à moi.

Toi.
Fée aux ailes déchirées,
Glaçage sucré d'un gateau trop cuit, qu'on appelle la vie,
Apprends que les sourires sont à garder
Et les souvenirs à oublier.

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21/7/2008 -

Et toi alors ?

 



Je t'ai offert un violon,
Tu m'a craché au visage.
Je t'ai crée des bonbons,
Tu as raturé toute ma page.

Je t'ai aidé à te relever,
Tu m'as poussé pour que je meurs.
Je t'ai souris, je t'ai aimé,
Tu as passé ton temps à me faire peur.

Je t'ai chanté pour que tu puisse t'endormir
Tu as hanté tous mes cauchemars
J'ai enlevé de ta vie le pire,
Tu as enlevé de la mienne les espoirs.

Aujourd'hui tu ne vois rien,
Tu ne comprends pas.
Tu vis ici, à peine plus loin
Tu marche presque dans mes pas.

Et tes sourires m'arrachent le coeur


Jouer avec les autres,
C'est si facile, si amusant ?
Ce n'est surement pas ta faute,
Tu es trop beau pour être un méchant...



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14/6/2008 -

Egoïste.

 

 

 

J'ai attendu que tu pleures,

Que tu m'apelle au secours.

J'ai laissé passé les heures

Espéré que tu tombe quand tu cours.

 

J'ai attendu tes larmes

Que tu abandonne l'envie

Une souffrance, un drame,

Un creux dans ta vie.

 

Egoistement, j'ai prié

Pour que tu ai besoin de moi

En silence, honteusement espéré

Que tu t'écroule dans mes bras.

 

Mais rien n'est venu.

Tu as vécu, survécu.

Tu n'a pas pensé une seule fois

Avoir besoin de moi.

Tu vis ta vie

Aérée, légère, remplie,

Et tout va, et tout ira bien

Je suis tellement désolée, d'avoir espéré pour rien.

 

 

Souhaiter ton malheur ?

Je n'aurais jamais osé...

Peut être juste une pointe au coeur,

Qui t'aurais rapproché... 

 

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21/5/2008 -

Un soir...

 

  

Bulles de soies. Souffles de coton à la vanille.

En douceur, tout en douceur.

Draps blancs, oreillers gonflés à l'hélium par le plus gros

d'entre nous. Qui est encore plus gros maintenant qu'il a avalé

la bouteille dans faire exprès.

Des bougies qui sentent le ciel pluvieux, lumière d'un soir.

Tout est si calme.

Un petit a essayé de créer un parfum de noisette mais je dirais

que ça ressemble assez à de la confiture de raviolis.

On n'a rien dit pour ne pas le vexer, mais déjà trois évanouis en quelques

minutes.

 

Tout le monde glisse dans un coin du lit, se frotte, ronronne,

se tire les oreilles pour les lisser un peu, se coiffe le nez, 

et se remets les doigts de pied dans l'ordre.

 

Ce soir, c'est la nuit sans dormir. La nuit des histoires,

des rêves éveillés, des pleurs heureux.

La nuit pour tout dire, pour oublier, raconter, sentir, exister.

Il en fallait une dans l'année, on voulait la faire

au printemps, le 21 mars, mais celui qui était chargé du calendrier

s'était endormi un soir de trop nombreuses crêpes et il vient de se

réveiller. 21 mai ? Soit.

 

Tout le monde t'attends. Avec impatience.

Pas besoin de pyjama, on en a bricolé avec des feuilles

de menthe et des queues de cerises pour attacher.

 

On s'installe, on t'attends. 

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